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Comment financer un projet d’intelligence artificielle grâce aux subventions gouvernementales ?

L’intelligence artificielle n’est plus réservée aux grandes entreprises technologiques.

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L’intelligence artificielle n’est plus réservée aux grandes entreprises technologiques. Elle devient progressivement un levier de productivité, de compétitivité et de croissance pour les PME canadiennes, notamment au Québec. Dans les secteurs manufacturier, agroalimentaire, minier, logistique, santé, services professionnels, commerce électronique et technologies de l’information, l’IA permet déjà d’automatiser des tâches répétitives, d’améliorer la prise de décision, d’optimiser les opérations, de réduire les coûts et de développer de nouveaux produits ou services.

Pourtant, malgré son potentiel, un projet d’intelligence artificielle représente souvent un investissement important. Les coûts peuvent inclure le diagnostic technologique, la stratégie de données, le développement logiciel, l’intégration à des systèmes existants, l’achat de solutions spécialisées, la cybersécurité, la formation des équipes, les tests, la validation et parfois l’accès à une puissance de calcul avancée. Pour plusieurs dirigeants de PME, la question n’est donc pas seulement de savoir si l’IA peut créer de la valeur, mais comment financer son adoption sans mettre une pression excessive sur les liquidités de l’entreprise.

C’est précisément ici que les subventions gouvernementales, crédits d’impôt, prêts avantageux et programmes d’accompagnement deviennent stratégiques. Au Canada, plusieurs organismes fédéraux et provinciaux soutiennent les entreprises qui souhaitent intégrer des technologies numériques avancées, automatiser leurs processus, développer des solutions innovantes ou commercialiser des produits basés sur l’intelligence artificielle.

Pourquoi les gouvernements financent-ils les projets d’intelligence artificielle ?

Les gouvernements fédéral et provinciaux considèrent l’intelligence artificielle comme un facteur clé de productivité et de souveraineté économique. Le Canada dispose déjà d’un écosystème reconnu en IA, avec des pôles majeurs à Montréal, Toronto, Edmonton et Vancouver. Le Québec occupe une position particulièrement forte grâce à la présence d’instituts de recherche, d’universités, de centres d’innovation, d’incubateurs et d’entreprises spécialisées.

Le financement public vise plusieurs objectifs. Il permet d’aider les entreprises à accélérer leur transformation numérique, de réduire le risque financier associé à l’innovation, de soutenir la commercialisation de nouvelles technologies, d’augmenter la productivité des PME et de développer des talents spécialisés. Dans un contexte où les coûts de main-d’œuvre, les enjeux de compétitivité internationale et les besoins d’automatisation augmentent, les projets d’IA deviennent une priorité économique.

Pour une PME, cela signifie qu’un projet bien structuré peut être admissible à plusieurs formes de financement. Un projet d’IA peut être présenté comme un projet d’innovation, un projet de transformation numérique, un projet d’automatisation, un projet de productivité, un projet de recherche et développement ou un projet de commercialisation. Le bon positionnement du projet est essentiel pour identifier les programmes les plus pertinents.

Quels types de projets d’IA peuvent être financés ?

Tous les projets d’intelligence artificielle ne sont pas automatiquement admissibles à une subvention. Les programmes recherchent généralement des projets qui créent une valeur économique claire, qui répondent à un besoin opérationnel réel et qui démontrent des retombées mesurables.

Dans une PME manufacturière, un projet admissible peut viser l’optimisation de la production, la maintenance prédictive, le contrôle qualité par vision numérique, la planification automatisée des horaires, la réduction des pertes de matière ou l’amélioration des prévisions de demande. Dans une entreprise de services, l’IA peut servir à automatiser le traitement documentaire, améliorer la relation client, analyser les données commerciales, prioriser les opportunités de vente ou optimiser la gestion des ressources.

Dans le secteur du commerce électronique, les projets peuvent inclure des moteurs de recommandation, des outils de personnalisation, des prévisions de ventes, l’analyse comportementale des clients ou l’automatisation du service client. Dans les entreprises technologiques, les projets peuvent viser le développement d’un nouveau produit basé sur l’IA, l’intégration d’algorithmes propriétaires, la création d’une plateforme SaaS intelligente ou la commercialisation d’une solution numérique avancée.

Les projets les plus solides sont ceux qui ne se limitent pas à “ajouter de l’IA” pour suivre une tendance. Ils doivent démontrer un problème d’affaires précis, une solution technique réaliste, des données exploitables, un budget cohérent, une équipe compétente et des résultats attendus mesurables.

Les principales dépenses admissibles dans un projet d’IA

Les dépenses admissibles varient selon les programmes, mais plusieurs catégories reviennent fréquemment. Les salaires internes liés au développement technologique peuvent être admissibles lorsque les employés participent directement au projet. Les frais de consultants externes, d’experts en IA, de firmes technologiques ou de centres de recherche peuvent également être couverts selon les critères du programme.

Les coûts liés au développement logiciel, à l’intégration de systèmes, à l’analyse de données, au prototypage, aux tests, à la validation technique et à la gestion du projet peuvent aussi être inclus. Dans certains cas, les dépenses de formation, de cybersécurité, d’infrastructure infonuagique, d’équipement spécialisé ou d’accès à la puissance de calcul peuvent être admissibles.

Il est toutefois important de distinguer les dépenses de simple exploitation des dépenses réellement liées au projet. Par exemple, l’achat courant d’un abonnement logiciel standard n’est pas toujours admissible, alors que le développement d’une solution sur mesure intégrée aux opérations de l’entreprise peut l’être davantage. De la même façon, un projet de diagnostic ou de feuille de route numérique peut être financé par certains programmes, tandis qu’un projet de recherche appliquée peut être mieux orienté vers des programmes d’innovation ou de R&D.

Le PARI-CNRC : un levier majeur pour les PME innovantes

Le Programme d’aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada, connu sous le nom de PARI-CNRC, est l’un des programmes les plus importants pour les PME canadiennes qui développent des technologies innovantes. Il offre à la fois de l’accompagnement technique, des conseils stratégiques et du financement pour soutenir les projets d’innovation.

Pour un projet d’intelligence artificielle, le PARI-CNRC peut être pertinent lorsque l’entreprise développe une solution technologique nouvelle ou améliore de façon significative un produit, un procédé ou une plateforme existante. Il peut s’agir, par exemple, d’un algorithme propriétaire, d’un outil d’optimisation avancée, d’un système de prédiction, d’une solution de vision par ordinateur ou d’une application intégrée à des opérations industrielles.

Le PARI-CNRC est particulièrement intéressant parce qu’il ne finance pas uniquement les dépenses technologiques. Il permet aussi à l’entreprise d’être accompagnée par des conseillers qui comprennent les enjeux d’innovation, de commercialisation et de croissance. Cependant, les projets doivent être solides, bien définis et présenter un niveau d’innovation réel. Une simple implantation d’un outil commercial existant ne suffit généralement pas.

Scale AI : financer l’adoption et la commercialisation de l’IA

Scale AI est un acteur important de l’écosystème canadien de l’intelligence artificielle. L’organisation soutient des projets visant à accélérer l’adoption et la commercialisation de l’IA, notamment dans les chaînes de valeur, la logistique, la distribution, le manufacturier, le commerce et les secteurs où l’optimisation des opérations peut générer des gains significatifs.

Pour les entreprises, Scale AI peut représenter une opportunité lorsque le projet implique une solution d’IA appliquée à des enjeux concrets de productivité, d’approvisionnement, de prévision, de planification ou de gestion de la chaîne de valeur. Les programmes peuvent soutenir des initiatives impliquant des PME, des partenaires technologiques, des grands donneurs d’ordre, des incubateurs ou des accélérateurs.

Un projet présenté à Scale AI doit généralement démontrer un fort potentiel d’impact économique, une capacité d’exécution et une contribution à l’écosystème canadien de l’IA. Les projets collaboratifs, structurants et commercialisables ont souvent un meilleur potentiel que les initiatives isolées ou insuffisamment définies.

Investissement Québec, ESSOR et les projets de productivité

Au Québec, Investissement Québec joue un rôle central dans le financement des projets de croissance, de productivité, de transformation technologique et d’automatisation. Le programme ESSOR peut être pertinent pour certaines entreprises qui souhaitent réaliser des projets d’investissement, moderniser leurs opérations, augmenter leur productivité ou accélérer leur transformation.

Dans le cas d’un projet d’intelligence artificielle, ESSOR peut être analysé lorsque l’IA est intégrée à un projet plus large de modernisation ou d’investissement. Par exemple, une entreprise manufacturière qui souhaite automatiser une ligne de production, intégrer des systèmes intelligents, améliorer sa planification ou moderniser ses équipements pourrait structurer son projet autour des gains de productivité.

L’avantage d’une approche comme ESSOR est qu’elle permet de positionner l’IA non pas comme une dépense technologique isolée, mais comme un moteur d’amélioration opérationnelle. Les gouvernements veulent financer des projets qui produisent des résultats tangibles : réduction des délais, augmentation de la capacité de production, amélioration de la qualité, croissance des ventes, maintien ou création d’emplois, développement de nouveaux marchés.

Le Plan PME 2025-2028 du Québec : une orientation favorable à l’IA

Le Plan PME 2025-2028 du gouvernement du Québec confirme l’importance accordée à la productivité, à l’accompagnement des entreprises et à la transformation technologique. Ce plan prévoit des interventions financières importantes pour soutenir les PME dans leur croissance et leur capacité à faire face aux nouveaux défis économiques.

Pour une entreprise qui souhaite financer un projet d’IA, cette orientation est importante. Elle démontre que les projets liés à l’automatisation, à la robotisation, à la transformation numérique et à l’intégration de l’intelligence artificielle s’inscrivent dans les priorités économiques du Québec. Les dirigeants de PME doivent donc apprendre à présenter leur projet dans un langage aligné avec ces priorités publiques.

Un bon dossier de financement ne doit pas seulement décrire la technologie. Il doit démontrer comment le projet améliore la productivité, renforce la compétitivité, soutient la croissance, améliore la résilience de l’entreprise et contribue à l’économie québécoise.

Les crédits d’impôt à considérer

En plus des subventions directes, les crédits d’impôt peuvent jouer un rôle important dans le financement des projets d’intelligence artificielle. Le crédit d’impôt pour la recherche scientifique et le développement expérimental, connu sous le nom de RS&DE, peut être pertinent si le projet comporte une incertitude technologique réelle, une démarche expérimentale et une avancée technologique.

Dans le développement d’une solution d’IA, certaines activités peuvent être admissibles si l’entreprise tente de résoudre un problème technique non trivial, développe une approche nouvelle ou améliore significativement une méthode existante. En revanche, l’utilisation d’un outil d’IA disponible sur le marché, sans défi technologique particulier, ne suffit généralement pas.

Au Québec, certains crédits liés au développement des affaires électroniques ou à l’innovation peuvent aussi être à analyser selon la nature de l’entreprise, ses activités, ses employés et ses revenus. Les crédits d’impôt ne remplacent pas les subventions, mais ils peuvent compléter une stratégie de financement globale et améliorer le rendement financier du projet.

L’accès à la puissance de calcul : un enjeu émergent

Les projets d’intelligence artificielle avancée nécessitent parfois une puissance de calcul importante, surtout lorsqu’il s’agit d’entraîner des modèles, de traiter de grands volumes de données ou de développer des solutions spécialisées. Le gouvernement fédéral a mis en place des initiatives liées à la stratégie canadienne de calcul souverain en IA afin de soutenir l’accès des entreprises canadiennes à des ressources de calcul avancées.

Le Fonds d’accès à la puissance de calcul pour l’IA vise à aider les innovateurs et les entreprises canadiennes à accéder aux ressources nécessaires pour développer et commercialiser des projets d’IA. Même si certains appels peuvent être fermés à un moment donné, ce type de programme illustre une tendance claire : l’infrastructure de calcul devient un élément stratégique du financement de l’IA.

Pour les PME, cela signifie qu’il faut désormais intégrer les besoins de calcul dans le budget du projet. Trop souvent, les entreprises sous-estiment ces coûts. Or, sans budget réaliste pour l’infrastructure, les tests, l’hébergement, la sécurité et la mise à l’échelle, le projet peut devenir difficile à exécuter.

Comment structurer une demande de subvention pour un projet d’IA ?

La première étape consiste à définir clairement le problème d’affaires. Une demande de subvention ne doit pas commencer par la technologie, mais par le besoin de l’entreprise. Par exemple, une PME manufacturière peut vouloir réduire les arrêts de production, améliorer le contrôle qualité, automatiser la planification ou mieux prévoir la demande. L’IA devient alors un moyen de résoudre un problème concret.

La deuxième étape consiste à décrire la solution proposée. Il faut expliquer quelle technologie sera utilisée, quelles données seront nécessaires, comment la solution sera développée ou intégrée, quelles ressources internes et externes seront mobilisées et quelles étapes permettront de valider le projet.

La troisième étape consiste à établir un budget détaillé. Le budget doit distinguer les salaires internes, les consultants, les logiciels, les infrastructures, les équipements, les frais de gestion, la formation et les autres dépenses pertinentes. Chaque dépense doit être justifiée.

La quatrième étape consiste à démontrer les retombées. Les organismes financeurs veulent comprendre l’impact du projet. Il faut donc présenter des indicateurs mesurables : gains de productivité, réduction des coûts, augmentation de la capacité, croissance des ventes, amélioration des marges, création d’emplois, développement de nouveaux marchés ou réduction des risques opérationnels.

La cinquième étape consiste à préparer les documents financiers et corporatifs. Les programmes demandent souvent les états financiers, les prévisions, les informations sur l’actionnariat, les devis, le calendrier de réalisation et les preuves de capacité financière.

Les erreurs à éviter

La première erreur est de commencer le projet avant d’avoir validé les règles du programme. Plusieurs subventions exigent que la demande soit déposée et approuvée avant le démarrage des dépenses. Une dépense engagée trop tôt peut devenir inadmissible.

La deuxième erreur est de présenter un projet trop vague. Les formulations générales comme “nous voulons intégrer l’IA dans notre entreprise” ne suffisent pas. Le projet doit être concret, chiffré et opérationnel.

La troisième erreur est de sous-estimer l’importance des données. Sans données fiables, structurées et accessibles, un projet d’IA peut échouer. La qualité des données doit être évaluée dès le départ.

La quatrième erreur est d’oublier la gestion du changement. L’IA modifie les processus, les rôles et parfois la culture organisationnelle. Les employés doivent être formés et impliqués.

La cinquième erreur est de chercher une seule subvention au lieu de bâtir une stratégie de financement complète. Un projet d’IA peut souvent combiner plusieurs leviers : subvention, crédit d’impôt, prêt avantageux, contribution interne et financement privé.

Conclusion : l’IA se finance avec une stratégie, pas avec une simple demande

Financer un projet d’intelligence artificielle ne consiste pas simplement à remplir un formulaire. Il faut structurer le projet, choisir le bon programme, démontrer la valeur économique, préparer un budget solide et aligner la demande avec les priorités gouvernementales.

Les PME qui réussissent à obtenir du financement sont celles qui présentent l’IA comme un outil de transformation mesurable, et non comme une dépense technologique abstraite. Elles démontrent clairement pourquoi le projet est nécessaire, comment il sera réalisé, quelles compétences seront mobilisées et quels résultats seront obtenus.

Chez DBC Innovation, nous accompagnons les PME canadiennes et québécoises dans l’identification, la structuration et le dépôt de demandes de subventions pour leurs projets d’innovation, de transformation numérique, d’automatisation et d’intelligence artificielle. Notre rôle est d’aider les dirigeants à transformer une idée technologique en projet finançable, crédible et aligné avec les programmes disponibles.

L’intelligence artificielle peut devenir un véritable avantage concurrentiel. Avec la bonne stratégie de financement, elle peut aussi devenir un investissement beaucoup plus accessible pour les PME.

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